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02/11/2016 - Le point de vue du psychologue, Dr Gabriel Weill


Il faut bien comprendre la situation sociale qui a conduit à la formation des structures d’encadrement de Negba. En Israël, la journée scolaire s’étend de 8h00 à 13h00, parfois 14h00. Les enfants des familles défavorisées sont alors livrés à eux-mêmes. Les parents travaillent parfois jusqu’à une heure tardive, ou bien ils n’ont pas les moyens de financer des activités parascolaires en après-midi, si bien que, désœuvrés, les enfants sont à la merci des « distractions » de la rue.
Les tentations sont nombreuses et de petits larcins en vandalisme gratuit, comme pour passer le temps, la dégringolade est rapide. Il y a bien ceux rentrent seuls chez eux après l’école, ceux qu’on appelle ici yaldey mafteah, « les enfants à la clé », parce qu’ils trouvent un appartement vide. Ils peuvent alors passer des heures entières sans surveillance, devant la télévision ou à naviguer sur la toile, dans un monde virtuel complètement déconnecté de la réalité. Pour ceux-là les conséquences sont peut-être moins dramatiques – à court terme.

Voilà pourquoi les moadonyot de Negba sont nécessaires. Elles constituent un cadre social et éducatif qui suit et complète le travail accomplit à l’école. Elles permettent des activités positives et valorisantes, des activités d’éveil et d’enrichissement dans un milieu stable, rassurant, émotionnellement serein, où les frontières entre les comportements autorisés et à proscrire sont claires et cohérentes. Beaucoup des enfants que nous accueillons n’ont pas acquis les normes de base du comportement en société, ils ont un seuil bas de frustration et ils ont du mal à accepter qu’on leur impose des limites. Lorsque des parents, qui ont grandi dans une société patriarcale où l’autorité parentale était sacro-sainte, sont confrontés à la désobéissance de leurs propres enfants, ils sont complètement désorientés. Il leur est alors plus simple d’accepter un état de fait, et leur démission ne prépare pas les enfants à accepter d’autres personnes des normes de comportement qui n’ont pas été inculquées avec succès à la maison.

Un des problèmes sociaux spécifique à Israël est bien le fossé qui s’est creusé entre des parents formés à une culture traditionaliste, basée sur le respect inconditionnel du monde des adultes, et une culture moderne bien plus permissive dans laquelle les enfants ont eux aussi des droits, pas seulement des devoirs. Les châtiments corporels ont heureusement été proscris, mais cela signifie qu’il faut apprendre à utiliser la voie de la persuasion, favoriser l’écoute et le dialogue. Bien des parents sont trop épuisés par la simple survie au jour le jour pour s’engager sur cette voie, ou bien ils manquent des outils nécessaires pour faire face à ce type de situations, préférant baisser les bras et laisser leurs enfants faire ce que bon leur semble.

Dans les moadonyot de Negba, les règles sont claires et les enfants n’ont pas d’autre choix que de s’y adapter et d’apprendre à maîtriser leurs frustrations. Ces règles sont rationnelles, elles n’ont rien d’arbitraire, elles peuvent être expliquées par les moniteurs. Grâce au dialogue qui s’établit entre les moniteurs et les enfants, ces derniers comprennent le bien-fondé de la réciprocité en société. Ils peuvent alors intérioriser les comportements positivement renforcés et encouragés pour bien s’intégrer à une société normative et pacifiée.

Voilà donc un des aspects des objectifs auxquels se consacrent les moadonyot de Negba.

Dr. Gabriel Weill, psychologue clinicien pour enfants et adolescents.
Dr. Weill est, depuis de nombreuses années, conseillé bénévole auprès des éducateurs de Negba.


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